Posée à plat, branches repliées, cette paire ne montre presque rien d'autre que sa façade : un rectangle large à cerclage épais, d'un noir profond et très brillant, dont les angles extérieurs remontent un peu. Les verres y sont dégradés, plus sombres en haut qu'en bas, ce qui allège la barre du cerclage supérieur.
Le doré n'arrive qu'ensuite, quand on déplie les branches. Un panneau ajouré court sur chacune d'elles, entre la charnière et l'embout noir, avec des arabesques et de petites rosaces. Deux temps, donc : sobre de face, ornée de profil.
De face, rien ne dépasse. La façade occupe tout le champ, le cerclage large tient la forme rectangulaire, et aucun doré n'y apparaît. Il faut tourner la monture de trois quarts pour que le décor entre en scène : le panneau posé sur la branche ne se voit que sous cet angle, celui, précisément, sous lequel on vous regarde quand vous parlez à quelqu'un. L'ornement travaille donc là où il se remarque, sans charger la vue de face.
Les quatre vues de la fiche permettent d'en faire le tour pièce par pièce.
| Façade | Rectangle large à cerclage épais, noir profond très brillant, angles extérieurs légèrement relevés. |
|---|---|
| Verres | Teinte dégradée : d'un gris-violet soutenu en haut, plus claire vers le bas. |
| Branche | Panneau doré entre la charnière et l'embout, ajouré et non plein, arabesques et petites rosaces. |
| Embout | Noir, incurvé, sans décor. |
| Pont | Noir uni, dans le prolongement du cerclage. |
Une façade aussi couvrante se porte sans effort avec des tenues simples : jean brut, maille écrue, chemise blanche. Le panneau de la branche donne alors tout le relief dont la tenue a besoin. Si des boucles d'oreilles dorées sont déjà de la partie, autant les prendre fines : le motif est chargé, il tient mieux seul. On repère vite les autres façades dont le décor se trouve sur la branche et celles qui gardent la branche nue.
Le reste se joue ailleurs : les foulards et les broches rangés à côté reprennent volontiers le fil doré lancé ici.
Fiche technique