Du sourcil à la pommette, la couleur ne pâlit pas : elle change de camp. Le parme du haut cède à un rose franc, deux teintes de force comparable, là où la plupart des dégradés s'éteignent vers le bas. Derrière ce verre, les branches sont brunes et veinées, et le métal se limite au pont et aux angles extérieurs.
Un verre dégradé suit presque toujours la même règle : beaucoup de couleur en haut, presque plus en bas. Ici la règle ne s'applique pas. Le parme occupe la moitié haute, le rose occupe la moitié basse, et les deux tiennent la comparaison, sans que l'un s'efface devant l'autre. Ce n'est donc pas une teinte qui s'épuise en descendant, c'est un passage du froid au chaud à intensité égale. Pour situer ce choix parmi les teintes voisines, regardez les autres verres teintés du rayon.
Un dégradé qui s'éclaircit vers le bas laisse la pommette à découvert et concentre tout l'effet sur le front. Le sens retenu ici répartit l'effet autrement. Le parme tombe au niveau du sourcil, le rose arrive à hauteur de pommette, c'est-à-dire là où la peau a déjà sa propre couleur. Du rose sur du rose, donc, et le raccord passe inaperçu au lieu de marquer une frontière. De face, on ne lit pas deux bandes mais un seul glissement.
| Bord supérieur | Taillé en courtes facettes, visible parce qu'aucun cerclage ne vient le couvrir |
|---|---|
| Moitié haute | Parme soutenu, la teinte la plus froide de la paire |
| Moitié basse | Rose franc, aussi présent que le parme au-dessus |
| Angle extérieur | Une pièce dorée en haut, une seconde en bas, et rien entre les deux |
Deux couleurs sur le même verre ouvrent deux entrées dans le vestiaire, et mieux vaut en choisir une. Le parme appelle le gris, le bleu délavé, le blanc ; le rose s'entend avec le beige, le camel et l'écru. Le brun des branches penche déjà du second côté, ce qui fait du camel la voie la plus simple quand on ne veut pas réfléchir le matin. Pour rester dans cette gamme chaude jusqu'au bras, regardez les cabas assez grands pour ranger la paire.
Fiche technique